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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 22:16

 

RPRbox.jpgRes Publica Romana simule l'histoire de la République Romaine de -265 (un an avant la première guerre punique de -264) à -44 (année de l'assassinat de Jules César). Les joueurs endossent le rôle de familles politiques contrôlant le Sénat et rivalisent d'intrigues pour faire émerger le sénateur de leur camp qui fera tomber la République afin d'ériger l'Empire. (Octave fut le premier empereur romain en -27). Pour ce faire deux voies sont possibles : la voie démocratique : se faire élire Consul à Vie ou avoir le plus d'influence à la fin du jeu et la voie autoritaire : prendre le pouvoir militairement en marchant sur Rome avec un général en rébellion. Si un seul joueur peut remporter la partie, en revanche, tous, peuvent perdre. En effet, si la République est ruinée, si la plèbe se soulève et envahit le Sénat ou si trop de conflits extérieurs (4) sont en cours, tous les joueurs perdent. L'édition présente commentée est de 2011 et est une version améliorée par Edge d'un jeu dont la première édition date de 1990.

 

 

Titre : Res Publica Romana

Année : 2011
Auteurs : Robert Haines, Richard Berthold, Don Greewood et John Rodriguez
Editeur : Edge
Nombre de joueurs : 1 à 6
Age minimum : 14 ans
Public : joueurs passionnés
Langue : français
Durée d'une partie : 6 à 7 h
Type : stratégie


 Note : 86 %

 

Immersion 5/5

Si l'idée de revêtir la toge romaine ne vous effraie pas alors vous en aurez pour votre argent. Pompée, César, Scipion l'Africain, Caton l'Ancien sont quelque uns des personnages historiques que vous rencontrerez dans le jeu. Comme eux vous devrez faire preuve du sens des responsabilités en maintenant la République à flot, comme eux vous essaierez de tirer votre épingle du jeu pour être le plus influent possible. La face A et la face B de la politique sont simulées : jeux du cirque, discours enflammés devant la plèbe, vote à la majorité mais aussi corruption, détournements de fonds publics et assassinats. L'enchantement et le désenchantement : voilà Scipion l'Africain qui revient victorieux de la première guerre punique, sa popularité est sans égale et son influence grandissante. Que font les autres joueurs ? Ils s'entendent tous pour l'exiler en Corse, la province la moins reluisante de toute la République romaine. Vous devrez convaincre, manoeuvrer, manipuler, argumenter, persuader, convaincre, faire des concessions...



Originalité 4/5

Si le thème de la Rome Antique est très utilisé, le principe de semi-collaboration utilisé dans Res Publica Romana, soit tous les joueurs perdent, soit le meilleur d'entre eux gagne, était très original il y a vingt ans et l'est encore aujourd'hui. Toute la subtilité pour les joueurs est d'arriver à équilibrer leurs intérêts personnels et les besoins impérieux de survie de Rome. Une autre originalité est d'avoir donner ses lettres de noblesse au jeu politique, annonçant la plupart des jeux de collaboration de nos jours.

 

Jouabilité 4/5

On pourrait s'attendre à une certaine lourdeur étant donné la richesse de ce jeu. Il n'en est rien. Le jeu se décompose en trois périodes (haute, moyenne et basse République) avec un jeu de cartes spécifiques pour chacune d'entre elles. Il est possible de jouer un, deux ou les trois paquets selon le temps à consacrer. Chaque tour de jeu est composé de sept phases. La phase de mortalité détermine aléatoirement la mort naturelle d'un sénateur. Dans la phase de revenus, Rome collecte les impôts tandis que les familles praticiennes reçoivent les émoluments dus à leurs postes, concessions et/ou charges. Dans la phase de forum chaque joueur tire une carte d'évènements et peut tenter de rallier à lui des chevaliers , des sénateurs libres ou des sénateurs appartenant à d'autres joueurs. Pour augmenter votre popularité et remonter le moral de la plèbe vous pouvez aussi organiser des jeux du cirque. La quatrième phase est celle du discours à la plèbe du sénateur de plus haut rang. Si la plèbe est mécontente, elle peut envahir le Sénat et mettre fin au jeu. La phase suivante est le véritable coeur politique du jeu. C'est ici que l'on se « partagera » les différents postes à responsabilité du Sénat et que toutes les propositions des sénateurs seront mises au vote. Vient ensuite la phase militaire où les guerres sont résolues. La dernière phase est celle de la guerre civile où les généraux, qui souhaitent entrer en rébellion, se déclarent.

RPRBoard.jpg

Interaction 4,5/5

C'est plus qu'un jeu de diplomatie, un véritable jeu de politique, le plus complet, le plus riche auquel j'ai joué à ce jour (je précise que j'étais un grand fan de Junta). Comme il est généralement impossible de faire passer ses choix ou ses propositions tout seul, il faudra à chaque fois s'allier avec un ou plusieurs autres joueurs pour arriver à ses fins. Tout sera affaire de discussions, de persuasion, de négociations ouvertes ou en aparté, de compromis, de bluff, de promesses tenues ou pas, parfois de coup de poignard dans le dos, au propre comme au figuré. Vous pouvez aussi tenter de recruter des sénateurs appartenant à d'autres joueurs ou, cas extrême, de les assassiner. Bref, votre destin est entièrement lié à celui des autres joueurs. D'autant plus que vous pouvez tous perdre ensemble contre le jeu.

 

Durée de vie 4,5/5

Avec près de 160 cartes scénario qui arrivent au hasard, des lancers de dés présents dans une dans bon nombre de situations (mort naturelle d'un sénateur à chaque tour, combats, engagements des chevaliers, tentatives de persuasions, appel au peuple, assassinats...) les parties se renouvellent sans peine.

 

Matériel 4/5

L'ensemble est de très bonne facture avec un plateau de jeu accueillant principalement les différentes tables du jeu. Vous trouverez 160 cartes scénario, 18 cartes événement, 15 cartes de province, 6 urnes de trésor de faction avec un cadran de vote, 25 jetons de légions, 25 jetons d'escadres, 11 jetons de charges, 12 marqueurs Pontifex, 25 marqueurs d'allégeance, 17 marqueurs corrompu, 15 marqueurs d'ancien consul, 36 de mortalité, 40 de chevaliers, 6 de factions, 6 de loi agraires, 2 de disettes, 1 de premier rebelle, 8 de rebelle, près de 150 chiffres positifs et négatifs pour dénombrer la popularité, et plus de 150 pièces de monnaie. Et parmi tout cela, un seul regret : les trésors de factions ne sont pas très solides et ne remplissent pas très bien leur deuxième fonction (en sus de stocker l'or des factions) : indiquer le nombre de votes.

RPRold.jpg

Règles 3,5/5

Les règles font 40 pages, sans guère d'illustrations et écrites densément. Mais seules 22 d'entre elles sont nécessaires pour jouer. Les autres décrivent les différents scénarios possibles, les règles spéciales pour le jeu en solitaire ou à 2, les changements de règles avec l'édition des Jeux Descartes, des conseils, des notes historiques, des notes des auteurs et un index. Si elles paraissent intimidantes au premier abord, elles ne sont pas complexes, riches, très riches avec nombre d'exceptions mais pas complexes.

 

Opinion du testeur 5/5 

Le jeu de politique ultime il y a vingt ans n'est pas près d'être détrôné après le (sérieux) lifting graphique et le (léger) lifting des règles de l'équipe d'Edge. Dense, foisonnant, riche, détaillé, subtil, immersif en diable c'est aussi un jeu qui se mérite tant par la longueur de ses règles, la durée des parties ou l'expérience qui prime. A ne pas mettre entre toutes les mains.

 

Prochains tests : Space Empires 4*, Pergamon, les 7 Sceaux, Twilight Imperium, Trader, l'Année du Dragon, la Guerre de l'Anneau, Méditerranée, Bang !,...

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commentaires

F
<br /> Civilisation<br /> Caylus<br /> Vie de chien<br /> Carcassonne la cité<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Junta;<br /> ghost.story;<br /> invasions;<br /> chevalier.table.ronde;<br /> pandémie;<br /> bang;<br /> nexon.kennedy.1960;<br /> Diplomacy;<br /> Victory;<br /> Moai;<br /> Novembre.rouge;<br /> Mare.nostrum<br /> Space .alerte;<br /> Castel;<br /> Kasl;<br /> Australia;<br /> Respublica.romana+republic.of.rome<br /> <br /> <br />
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F
<br /> Comme toujours votre critique est juste, précise et direct. On dirait que vous avez jouer avec moi et que l'on partage les mêmes opinions. Je vous aurais attendu avec une massue si vous auriez<br /> bâclé cette critique. Mais non, milles fois bravo, maintenant je vais relire vos autres articles en sachant que vous êtes mon alter ego ludique.<br /> Ciao<br /> <br /> <br />
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K
<br /> <br /> Très honoré cher Flessard ! Quels sont les jeux que tu pratiques le plus (je me permets de te tutoyer) ?<br /> <br /> <br /> <br />